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Nez, sinus & odorat
Les informations présentées sur ce site sont fournies à titre informatif ; elles ne remplacent ni une consultation médicale, ni un diagnostic, ni un traitement personnalisés.
Quand consulter ?
Le nez assure plusieurs fonctions essentielles : il filtre, réchauffe et humidifie l’air inspiré, tout en permettant l’odorat. Lorsque des symptômes nasaux persistent plusieurs semaines — obstruction nasale, altération ou perte de l’odorat, douleurs faciales, écoulements ou saignements répétés — une consultation ORL permet de rechercher une cause et de déterminer si un traitement est indiqué. Le bilan repose sur un entretien, puis sur un examen des fosses nasales à l’aide d’une fine caméra ; selon les situations, un test d’odorat ou une imagerie par scanner ou IRM peut être utile.
Quelles sont les causes de nez bouché ?
Une obstruction nasale peut avoir des origines très diverses, structurelles (anatomiques) ou inflammatoires/infectieuses, et parfois les deux se combinent.
- Déviation de la cloison nasale
La cloison nasale (septum) est la paroi cartilagineuse et osseuse qui sépare les deux fosses nasales. Chez la majorité des adultes, elle n’est pas parfaitement droite — une déviation modérée est fréquente et passe souvent inaperçue. Lorsqu’elle est marquée, elle peut provoquer une obstruction d’un côté ou des deux côtés, aggraver un ronflement ou des apnées du sommeil et, dans certains cas, contribuer à des infections (sinusites) récurrentes. La correction chirurgicale (septoplastie) est proposée lorsque la gêne fonctionnelle est significative et résistante au traitement médical. Il s’agit d’une intervention réalisée à l’intérieur du nez, sans cicatrice visible.
Les cornets sont des structures recouvertes d’une muqueuse richement vascularisée qui régulent le flux d’air dans le nez. En cas d’hypertrophie des cornets inférieurs, une réduction de leur volume (turbinoplastie) peut être réalisée en même temps que la septoplastie, et parfois de manière isolée.
- Sinusite chronique
La rhinosinusite chronique est une inflammation persistante de la muqueuse du nez et des sinus paranasaux, concernant environ 10 % de la population. Elle se manifeste classiquement par une obstruction nasale, des écoulements, et parfois une pression ou douleur faciale et une altération de l’odorat. Il peut exister des excroissances de la muqueuse : les polypes nasaux1.
Les causes sont multifactorielles : terrain inflammatoire (allergique ou non), anomalies anatomiques, présence d’un champignon (aspergillome) dans un sinus, et, dans certaines formes, une dérégulation immunologique sous-jacente. Un lien avec l’asthme est fréquent1.
La prise en charge initiale est médicale : lavages nasaux et traitements anti-inflammatoires locaux, dont l’efficacité est bien documentée, constituent le traitement de fond de référence1. En cas d’échec, une chirurgie endoscopique mini-invasive des sinus réalisée par les narines permet d’élargir les orifices de drainage et de supprimer les obstacles, favorisant ainsi la poursuite efficace du traitement médical. Dans les formes sévères résistantes à la chirurgie, des traitements biologiques ciblés (anticorps monoclonaux) sont désormais disponibles1.
- Rhinite
La rhinite allergique est une inflammation de la muqueuse nasale déclenchée par des allergènes (pollens, acariens, poils d’animaux, …). Elle se manifeste par une obstruction nasale, des éternuements, un écoulement nasal clair et des démangeaisons. Son traitement repose sur l’éviction allergénique, les antihistaminiques, les corticoïdes locaux et, dans les formes persistantes sévères, l’immunothérapie allergénique (désensibilisation). D’autres causes non allergiques, irritatives, hormonales ou médicamenteuses peuvent également provoquer une obstruction nasale chronique ou un écoulement.
Quelles sont les causes des troubles de l’odorat et du goût ?
Les troubles de l’odorat – en particulier la diminution de l’odorat (hyposmie) – concerneraient environ un adulte sur cinq, leur fréquence augmentant nettement avec l’âge. En revanche, ils passent souvent inaperçus2. Les causes les plus fréquentes sont les rhinosinusites chroniques, les infections (à l’instar du COVID-19) et les traumatismes crâniens. Plus rarement, une perte de l’odorat peut être le premier signe d’une maladie neurodégénérative (Parkinson, Alzheimer), d’une maladie systémique ou d’un effet indésirable médicamenteux. Dans près de 20 % des cas, aucune cause n’est identifiée3.
La perte d’odorat liée à une rhinosinusite chronique a un bon pronostic si la rhinosinusite sous-jacente est traitée1. Concernant les autres causes, il n’existe pas de véritable traitement curatif, mais l’entraînement olfactif (exposition régulière et consciente à des odeurs) a montré des bénéfices, surtout après une infection.
La plupart des personnes qui se plaignent d’une perte du goût souffrent en réalité d’une perte de l’odorat. Un test d’odorat et du goût permet leur identification claire. Les véritables troubles du goût, à proprement parler, ont pour causes principales les lésions nerveuses, les carences nutritionnelles, les effets indésirables médicamenteux, les infections et les maladies systémiques4.
Quelles sont les causes de saignement de nez ?
Les saignements de nez (épistaxis) sont relativement fréquents chez l’enfant comme chez l’adulte. La plupart du temps, il s’agit de petits vaisseaux sanguins fragiles qui saignent au niveau de la cloison nasale, à l’entrée du nez. Des mesures peuvent stabiliser la situation, comme la mise en place d’une pommade nasale grasse et l’arrêt du grattage de la zone avec les doigts ou un mouchoir. En cas de saignements répétés de vaisseaux identifiés, ils peuvent être facilement cautérisés chimiquement ou électriquement, sous anesthésie locale, avec une grande efficacité5. Plus rarement, une prise en charge chirurgicale sous anesthésie générale peut s’avérer nécessaire.
Dans certains cas, de petites malformations ou excroissances peuvent saigner. Elles peuvent être retirées sous anesthésie locale ou générale, en fonction de leur taille et de leur localisation. Une tumeur des fosses nasales doit donc être exclue par l’ORL en cas de saignements répétés.
En cas de saignement actif, pincer fermement la partie souple du nez pendant 10 à 15 minutes, la tête légèrement penchée en avant, permet de résoudre le saignement la plupart du temps.
Que faire en cas de fracture nasale ?
Les fractures du nez sont rarement graves. Une évaluation par un ORL permettra d’évaluer l’étendue des dégâts et leur répercussion sur la respiration et l’esthétique du visage. Si nécessaire, on pourra replacer le nez dans la bonne position (réduction de fracture nasale) sous anesthésie locale, dans délais généralement de 2 semaines. Si la cloison (septum) nasale est également déplacée, une septoplastie pourra être proposée à distance.
- Fokkens, W.J., V.J. Lund, C. Hopkins, et al., European Position Paper on Rhinosinusitis and Nasal Polyps 2020. Rhinology. 2020;58(Suppl S29):1-464 https://doi.org/10.4193/Rhin20.600.
- Desiato, V.M., D.A. Levy, Y.J. Byun, et al., The Prevalence of Olfactory Dysfunction in the General Population: A Systematic Review and Meta-analysis. Am J Rhinol Allergy. 2021;35(2):195-205 https://doi.org/10.1177/1945892420946254.
- Landis, B.N., [Olfactory disorders]. Rev Med Suisse. 2007;3(127):2221-4.
- Hsieh, J.W., D. Daskalou, S. Macario, et al., How to Manage Taste Disorders. Curr Otorhinolaryngol Rep. 2022;10(4):385-392 https://doi.org/10.1007/s40136-022-00428-z.
- Soyka, M.B., G. Nikolaou, K. Rufibach, et al., On the effectiveness of treatment options in epistaxis: an analysis of 678 interventions. Rhinology. 2011;49(4):474-8 https://doi.org/10.4193/Rhino10.313.