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Oreille & Audition
Les informations présentées sur ce site sont fournies à titre informatif ; elles ne remplacent ni une consultation médicale, ni un diagnostic, ni un traitement personnalisés.
Comment entend-on ?
L’oreille se compose de trois parties :
- L’oreille externe (pavillon et conduit auditif) capte les sons et les dirige vers le tympan.
- L’oreille moyenne transmet les vibrations du tympan à l’oreille interne via une chaîne de trois petits os (marteau, enclume, étrier).
- L’oreille interne abrite la cochlée, organe sensoriel qui convertit ces vibrations mécaniques en signaux électriques transmis au cerveau par le nerf auditif.
Une atteinte à n’importe quel niveau de ce trajet peut entraîner une perte d’audition. On notera que le bon fonctionnement de l’oreille moyenne dépend en partie de celui de la trompe d’Eustache, canal reliant le nez à l’oreille et permettant d’adapter la pression derrière le tympan.

Coupe schématique d’une oreille droite, vue de face.
Adapté de Jessica Sarceno, 2023, SWISS Foundation for Innovation and Training in Surgery (SFITS)
Est-ce que la perte d’audition
est fréquente ?
La perte d’audition (hypoacousie) est globalement en augmentation et touche près d’une personne sur cinq dans la population mondiale1, 2 ; jusqu’à 25 % des plus de 60 ans présentent une perte auditive handicapante3. Les conséquences possibles incluent des limitations de la communication, de l’apprentissage, d’accès à l’éducation et l’emploi, avec répercussions émotionnelles, isolement social, et altération cognitive4, 5.
On distingue deux types : la surdité de transmission, qui est un blocage mécanique au niveau de l’oreille externe ou moyenne, souvent réversible chirurgicalement ou par un traitement médical ; et la surdité neurosensorielle, plus fréquente, liée à une atteinte de la cochlée ou du nerf auditif, le plus souvent irréversible mais pouvant être compensée. Des formes mixtes existent.
Les symptômes peuvent comporter des difficultés à comprendre la parole dans le bruit, un acouphène, une distorsion des sons, une sensation d’oreille bouchée ou une asymétrie droite-gauche. Une douleur, un écoulement ou un vertige associés orientent vers certaines causes particulières.
Quelles sont les causes possibles ?
Les causes fréquentes de perte d’audition sont le vieillissement de l’oreille (presbyacousie), l’exposition au bruit, les bouchons de cérumen et les infections (otites). D’autres causes plus spécifiques existent, telles que la perforation du tympan, la déconnexion des osselets, l’otosclérose (otospongiose)6, l’otite séro-muqueuse, les exostoses7, la maladie de Menière8, le schwannome vestibulaire9, l’ototoxicité médicamenteuse10 ou certaines causes génétiques.
Quel bilan ?
En raison des nombreuses causes possibles, dont dépendra la prise en charge, une évaluation par un ORL spécialisé s’avère utile. Elle comportera un entretien avec un examen des oreilles au microscope, et, si nécessaire, des tests complémentaires : audiogramme tonal, audiogramme vocal, tympanogramme, réflexes stapédiens, potentiels évoqués auditifs, et parfois une imagerie par scanner et IRM.
Quels traitements ?
- Perforation du tympan — une perforation (parfois passée inaperçue) peut survenir après une infection ou un traumatisme. Dans la majorité des cas (> 80 %), elle cicatrise spontanément en moins de 3 mois14, 15. Lorsqu’une perforation tympanique ne se ferme pas spontanément, une fermeture de la membrane tympanique (tympanoplastie), éventuellement associée à une réparation des osselets abîmés (ossiculoplastie) permet souvent une récupération auditive, une cessation des infections, et une reprise des activités aquatiques sans mesure de précaution. Il s’agit d’une intervention relativement courte, sous anesthésie générale, très peu douloureuse, qui peut être réalisée par endoscopie directement dans le conduit auditif, de manière minimalement invasive, sans cicatrice.
- Blocage mécanique — il peut y avoir un blocage de la transmission du son derrière le tympan, en raison d’une malformation, d’une déconnexion des osselets, de brides cicatricielles ou plus rarement de tumeur. Une ossiculoplastie seule permet souvent une récupération de l’audition, en remodelant les osselets résiduels ou avec l’utilisation d’une prothèse, selon les mêmes modalités opératoires que la tympanoplastie.
- Cholestéatome — on parle de cholestéatome lorsque de la peau pénètre derrière le tympan, le plus souvent dans une zone de faiblesse ou à travers une perforation. La peau va progressivement entraîner une baisse de l’audition et détruire le contenu de l’oreille moyenne, parfois sur des années. Le traitement est chirurgical : il consiste à retirer le cholestéatome, assainir l’oreille moyenne et, lorsque c’est possible, reconstruire le tympan et les osselets.
- Dysfonction de la trompe d’Eustache
- Otosclérose (otospongiose) — cette maladie osseuse progressive autour de l’oreille interne entraîne une surdité progressive, d’abord mécanique puis souvent mixte, et souvent des deux côtés séquentiellement. Elle touche plus volontiers les femmes et il peut y avoir régulièrement des symptômes vestibulaires6. Lorsque la surdité de transmission devient gênante, une chirurgie de l’étrier (stapédotomie) peut améliorer efficacement l’audition18, avoir un effet positif sur l’acouphène19 et retarder ou éviter le recours à un appareillage auditif. Il s’agit de contourner le blocage de l’étrier en plaçant une petite prothèse en forme de piston. C’est une intervention courte, sous anesthésie générale, très peu douloureuse, qui peut être réalisée par endoscopie18 directement dans le conduit auditif, de manière minimalement invasive, sans cicatrice.
- Appareillage auditif conventionnel
- Appareillage à ancrage osseux (Bone Anchored Hearing Aid, BAHA)
- Implant cochléaire
Un bouchon de cire (cérumen) sera nettoyé au microscope. Une infection (otite moyenne aiguë ou otite externe) sera traitée par des médicaments, souvent associés à un nettoyage11.
La chirurgie endoscopique de l’oreille est une technique mini-invasive qui permet d’opérer directement par le conduit auditif à l’aide d’un endoscope. Dans de nombreux cas, elle évite de réaliser une incision derrière l’oreille ou d’élargir le conduit auditif (canaloplastie), ce qui limite les traumatismes liés à l’intervention, favorise un meilleur confort après l’opération, et donne de meilleurs résultats cosmétiques12, 13.
Certaines pertes d’audition de transmission (mécaniques) sont chirurgicalement corrigibles :
Dysfonction tubaire obstructive : en cas de fermeture anormale de la trompe d’Eustache, la pression derrière le tympan devient négative et peut entraîner des troubles, et souvent même l’accumulation de liquide (otite séro-muqueuse). Lorsque le diagnostic a été clairement établi, certains traitements conservateurs sont proposés en fonction des facteurs inflammatoires sous-jacents (rhinosinusite chronique), associés à des exercices des trompes d’Eustache. En cas d’échec, la mise en place d’un drain transtympanique (aérateur tympanique, diabolo) soulage souvent rapidement les symptômes et permet une récupération auditive. Cette toute petite intervention peut être réalisée sous anesthésie locale au cabinet.
Une dilatation de la trompe d’Eustache peut également être proposée dans certaines situations. Réalisée en introduisant un petit ballon à travers une narine, sous sédation, cette intervention vise à restaurer durablement le fonctionnement de la trompe d’Eustache. Les études récentes montrent qu’elle peut améliorer les symptômes et la fonction tubaire chez des patients soigneusement sélectionnés présentant une dysfonction tubaire obstructive chronique16, 17.
Béance tubaire : il s’agit de la pathologie inverse, bien que plus rare : l’ouverture anormale de la trompe d’Eustache. Elle peut également entraîner des symptômes auditifs tels qu’une sensation d’oreille bouchée, une résonance de la voix dans la tête et une perception du souffle dans l’oreille. Dans certains cas sélectionnés, des traitements spécialisés de la trompe d’Eustache peuvent être envisagés, notamment une injection d’acide hyaluronique, voire de cartilage, à l’entrée de la trompe d’Eustache (tuboplastie).

Perforation tympanique gauche avant et après tympanoplastie.
Titre de la vidéo - légende
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Concernant les surdités neurosensorielles (atteinte nerveuse), elles sont l’immense majorité du temps irréversibles et une réhabilitation auditive peut s’avérer nécessaire selon la gêne socio-professionnelle engendrée :
L’appareillage auditif conventionnel (prothèse acoustique portée sur ou dans l’oreille) reste la solution de première intention. Il amplifie les sons en fonction du profil auditif individuel. Les appareils modernes sont discrets, rechargeables, compatibles Bluetooth et permettent une adaptation progressive. Ils peuvent être essayés gratuitement auprès d’un audioprothésiste, idéalement après un diagnostic précis réalisé par un ORL.
Une contribution forfaitaire de l’Assurance-Invalidité (AI) pour les moins de 65 ans ou de l’Assurance-Vieillesse et Survivants (AVS) pour les plus de 65 ans est accordée à ceux qui remplissent les conditions d’âge et de perte auditive. Une expertise auditive doit être réalisée par un ORL accrédité et fournie aux assurances. Pour certaines situations audiologiques complexes (perte auditive très importante, asymétrie importante, fluctuation de l’audition, …), des critères de « cas de rigueur » permettent une prise en charge financière renforcée, soumise à l’expertise d’une clinique ORL désignée.
Lorsque l’oreille externe ou moyenne ne permet pas le port d’un appareil conventionnel (malformation, infections à répétition, surdité unilatérale), des systèmes à conduction osseuse peuvent être proposés. Un processeur sonore externe (micro) se maintient magnétiquement sur un ancrage implanté dans l’os temporal, sous les cheveux, et transmet le son d’excellente qualité directement à la cochlée par voie osseuse. La mise en place nécessite une courte intervention chirurgicale. Ces systèmes sont remboursés par les assurances.
L’implant cochléaire est indiqué lorsque les appareils auditifs conventionnels ne permettent plus une compréhension suffisante, en cas de surdité neurosensorielle sévère à profonde bilatérale ou même unilatérale20, 21. Il s’agit d’un dispositif médical implanté chirurgicalement, dont les électrodes stimulent directement le nerf auditif dans la cochlée. Un processeur sonore externe (micro) se maintient magnétiquement sur un ancrage implanté dans l’os, sous les cheveux. Il capte les sons, les traite numériquement, puis les transmet à l’implant.
Une amélioration importante de la compréhension de la parole est attendue chez la majorité des patients implantés, avec un résultat excellent ou bon rapporté subjectivement par environ 80 % des porteurs22. Les performances varient selon l’étiologie et l’âge d’apparition de la surdité21.
Le premier implant cochléaire en Suisse date de 1977, avec une utilisation plus routinière à la fin des années 90’. Actuellement, en Suisse, plus de 350 implantations cochléaires sont réalisées chaque année dans les cinq centres universitaires agréés (Genève (en collaboration avec Lausanne), Bâle, Berne, Lucerne, Zurich), dont une majorité chez l’adulte22.

Reconstruction scannographique de 2 implants cochléaires.
Quand consulter rapidement ?
Une baisse d’audition brusque, surtout unilatérale, doit idéalement être évaluée dans les 24 à 48 heures, car, selon la cause, un traitement précoce améliore le pronostic. Une baisse d’audition associée à une douleur importante, un écoulement, un vertige ou une paralysie du visage justifie également une consultation urgente.
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